Il faut qu'on parle, depuis quelques temps déjà
Je me rend compte que tu ne prends plus soin de moi
Tout ce que j'aimais chez toi a bien disparu
Et tout ce que je t'ai donné n'importe vraiment plus

Tu parles de ce que tu m'as donné, c'est le souci
Je te dois tout, ça, je commence bien à le savoir
Il n'y a pas que toi qui compte, je veux vivre aussi
Sans devoir systématiquement tout prévoir

Je t'ai offert mon corps et tous mes secrets
Tu les as exploités au point que j'en suis épuisée
Je t'ai fait confiance, je t'ai laissé faire
Et tu as tout réduit en poussières.

Il a toujours fallu que j'insiste pour que tu te livres
La bataille n'était jamais à l'avance gagnée
Surtout ne crois pas que tu sois facile à vivre
Tes trésors, j'en ai bavé pour les gagner

Tu ne prends pas la peine de réfléchir
Aux conséquences de tous ces petits plaisirs
Et si nous pensions un peu à notre futur
Et pas juste à ta prochaine voiture ?

Mais si je ne me fais pas plaisir maintenant
Quand est-ce que je vais pouvoir penser à moi ?
Faire comme si moi aussi j'étais quelqu'un d'important
Le bonheur c'est surtout apprendre à vivre pour soi.

Est-ce que tu as pensé à nos enfants ?
Mais aussi à tous leurs descendants ?
Ne devrait-on pas songer à les protéger
De ce qui les attends, de tous ces dangers ?

Je n'ai jamais dit que je souhaitais devenir père
Ce n'est pas pour moi quelque chose d'intéressant
Et les enfants des autres ne m'inquiètent guère
A condition qu'ils ne deviennent pas trop envahissants.

Même nos promenades tournent à l'orage
Quand je t'offre de nouveaux paysages
Tu ne me parles que ressources et profits
Ou alors tourisme, de la fortune qui te sourit

Parce que tu crois encore que de nos jours on peut
Se permettre de vivre d'amour et d'eau bien fraiche ?
Sors de ta bulle et essaie de comprendre le jeu
Auquel jouent ceux qui n'aiment pas avoir les poches sèches.

Si tu continues à penser ainsi, ce n'est pas
Seulement notre histoire à laquelle tu vas
Mettre un terme mais aussi mon existence et la tienne
Car nos vies sont liées par bien plus que des chaînes

Tu persistes dans ce chantage à mes sentiments
je t'ai déjà dit que je n'y croyais pas
Toutes ces histoires alarmistes, je sais que tu mens
Tu es ma planète ? Je ne m'intéresse plus à toi.

Humain, tu es né en mon sein et tu as abusé de moi
Je t'ai nourri, protégé, éduqué et stimulé
En ignorant mes besoins tu te détournes de toi
Et tu en paieras le prix dans un jour ou une année.

© B.Dauvissat