L'usure en amour ne présage rien de bon.
Sournoise, elle s'insinue tel un poison
D'abord par la banalité des vies qui s'installe
Puis deux cœurs qui de moins en moins s'emballent.
On oublie vite tout ce qu'on s'est promis
Pour se résigner et accepter les compromis
qui ne sont que le prélude à ce qui compromet
Le sentiment initial et très vite on omet
D'entretenir la fleur pourtant vivace
Mais qui à la première négligence s'efface.

Je refuse cet état de fait consternant
Où la faiblesse prend le pas sur les élans
Devient mon quotidien et décide pour mon cœur
Si oui ou non ma passion doit s'exprimer en douceur.
Un amour qui se tait n'existe déjà plus qu'en souvenir
Et ne peut plus prétendre qu'à de simples soupirs
Vagues rémanences du temps de sa splendeur
Où l'âme jumelle, que l'on nomme sœur
Marchait encore à nos cotés sans se cacher
Et même dans ses silences, avec ses yeux nous parlait.

© B.Dauvissat