La nuit est solitaire.

La personne la mieux entourée se retrouve toujours seule face à elle-même quand elle se couche. Quand on cherche le sommeil et qu’il nous fuit, on ne peut que faire le point sur nous même.

La journée a-t-elle été bonne ? Et la semaine qui vient de s’écouler ? Et le mois, et l’année ? Et ma vie ?

Dans ces moments là, on voudrait avoir quelqu’un qui nous rassure, nous prenne dans ses bras et réconforte l’enfant que nous sommes redevenus, livrés à nos peurs les plus primaires.

L’homme essaie de se mentir, pour se persuader qu’il est quelqu’un de bien. Se mentir est un art compliqué car on en a face à soi l’auditeur le plus clairvoyant et le plus critique qui soit.

Pour se rassurer, on se fait des promesses que l’on se promet de tenir et que l’on s’empressera d’oublier quand la lumière reviendra. On se ment même dans ses promesses, simplement pour obtenir un sursis, une chance de vite s’endormir et d’oublier ce moment de faiblesse.

Notre vie ne se résume plus qu’à une suite de fausses promesses, rarement tenues et à toute l’énergie consacrée à les oublier. C’est en se regardant le nombril que l’on est sûr d’aller loin dans l’immobilisme.